Invocations contre l'angoisse, le stress et le cœur troublé
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Les invocations ci-dessous sont rapportées : ce sont celles que le Prophète ﷺ disait et enseignait dans la détresse. Avant elles, une chose doit être dite clairement, car cette page sera lue par des personnes qui vont mal : l'invocation ne remplace pas un traitement. La dépression clinique et les troubles anxieux sont des maladies, et la même tradition qui consigne ces invocations rapporte aussi que le Prophète ﷺ a dit qu'Allah n'a fait descendre aucune maladie sans en faire descendre le remède. Se soigner fait partie de la religion, ce n'est pas un manque de foi.
Cela posé, voici ce qui est rapporté.
L'invocation de la détresse
Le Prophète ﷺ a dit : nul n'est atteint d'un souci et d'un chagrin et ne dit — Ô Allah, je suis Ton serviteur, fils de Ton serviteur, fils de Ta servante. Mon toupet est dans Ta main. Ton jugement sur moi s'applique, Ton décret à mon égard est juste. Je Te demande par chacun des noms qui T'appartiennent, par lequel Tu T'es nommé Toi-même, ou que Tu as révélé dans Ton Livre, ou que Tu as enseigné à l'une de Tes créatures, ou que Tu as gardé auprès de Toi dans la science de l'invisible — que Tu fasses du Coran le printemps de mon cœur, la lumière de ma poitrine, la disparition de ma tristesse et l'éloignement de mon angoisse — sans qu'Allah ne dissipe son souci et son chagrin et ne les remplace par le soulagement.
Rapporté par Ahmad et jugé authentique. Les compagnons demandèrent s'ils devaient l'apprendre, et il dit : oui, que celui qui l'entend l'apprenne.
L'invocation de Yunus
La ilaha illa anta subhanaka inni kuntu mina az-zalimin — Il n'y a de dieu que Toi. Gloire à Toi. J'ai été du nombre des injustes.
Prononcée depuis le ventre du poisson, et le Coran commente ce qui suivit : Nous l'exauçâmes et le sauvâmes de son angoisse. Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants.
Le Prophète ﷺ a dit : nul musulman n'invoque par elle pour quoi que ce soit sans qu'Allah ne l'exauce. Rapporté par at-Tirmidhi.
Les formules brèves
Hasbunallahu wa ni'ma al-wakil — Allah nous suffit, et quel excellent Garant. C'est ce que dit Ibrahim jeté au feu, et ce que dirent les croyants quand on leur annonça qu'une armée s'était rassemblée contre eux.
Ya Hayyu ya Qayyum, bi rahmatika astaghith — Ô Vivant, ô Subsistant, par Ta miséricorde j'implore secours. Le Prophète ﷺ l'enseigna à Fatima pour les moments d'angoisse.
Allahumma inni a'udhu bika mina al-hammi wa al-hazan — Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le souci et le chagrin, contre l'incapacité et la paresse, contre l'avarice et la lâcheté, contre le poids de la dette et contre la domination des hommes. Dans al-Bukhari, et elle nomme les sources ordinaires d'un cœur lourd avec une précision peu commune.
Pourquoi la formulation compte
Relisez l'invocation de la détresse et observez sa structure. Elle consacre sa première moitié à établir qui est l'interlocuteur et où se tient celui qui parle, et ce n'est qu'ensuite qu'elle formule une demande — et cette demande n'est pas que les circonstances changent. Elle demande que le Coran devienne la lumière de la poitrine et la disparition de la tristesse.
C'est une demande qui porte sur l'intérieur de la personne plutôt que sur sa situation. La tradition tient un cœur apaisé dans une circonstance difficile pour une prière exaucée, ce qu'il vaut la peine de savoir avant de conclure qu'une invocation est restée sans réponse.
Ce qui est également prescrit
La prière. Le Prophète ﷺ, lorsque quelque chose le préoccupait, se hâtait vers la prière, et il disait à Bilal d'appeler à l'iqama : donne-nous du repos par elle.
La compagnie. L'isolement est ce que l'inquiétude fait à une personne ; l'assemblée, la famille et un ami qui écoute sont tous traités dans les sources comme des biens, non comme des distractions.
Ne pas désespérer. Le Coran l'énonce directement : ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah.
Et de nouveau, clairement
Si vous avez perdu depuis des semaines la capacité de travailler, de dormir, de manger ou de vous intéresser à quoi que ce soit, il s'agit d'une pathologie et elle répond à un traitement médical. Prier en étant malade est juste ; prier au lieu de se soigner n'est pas ce que tout ce qui précède vous demande. Ibn al-Qayyim, écrivant des siècles avant la médecine moderne, tenait le médecin et l'invocation pour indissociables, et c'est encore le bon agencement.